
L’artiste ivoirien Zagba Le Requin, connu pour son parcours atypique du rap ivoire au coupé-décalé et son franc-parler sur les réseaux sociaux, a publié une vidéo sur TikTok dans laquelle il révèle avoir, à une période difficile de sa vie, accepté de participer à des pratiques occultes au Bénin dans l’espoir de réussir dans le football , un rêve de jeunesse qui ne s’est pas concrétisé professionnellement.
Loin de faire l’apologie de ces rites, l’ancien aspirant footballeur et membre de la Team Paiya livre un témoignage brut destiné, selon lui, à « sensibiliser » les jeunes.

Son rêve : percer dans le football à tout prix
Dans cette vidéo devenue virale, Zagba Le Requin raconte :« Dans ma lutte pour sortir la tête de l’eau comme tout jeune, j’étais au Congo pour le football ; après, j’ai fait un bref tour à Ajax, parce que les Diables Noirs du Congo étaient en reconstruction.
Le voyage secret au Bénin pour voir son père exilé
À ce moment-là, je viens voir mon papa qui était en exil au Bénin pour le saluer et prendre de ses nouvelles.Un jour, je rencontre un jeune qui me dit que je fais beaucoup d’allers-retours et me demande si j’étais sportif ; je lui réponds oui, et il me dit qu’il va m’envoyer quelque part et que, lorsque nous allions quitter cet endroit, ça irait mieux pour moi.
Quand tu galères, tu es prêt à tout accepter
Arrivé à un niveau de la vie, tu penses que tu es obligé de tout faire pour t’en sortir, et le plus souvent on prend des mauvaises décisions parce qu’on va tout droit dans un tunnel sombre. À ce niveau de la vie, tu es prêt à toucher à tout, à faire tout pour essayer de sortir ta tête de l’eau ; dans ce genre de cas, tu peux accepter certaines propositions indécentes et être fébrile face à la tentation pour survivre car la vie est dure.
Direction un village au Bénin, en pleine nuit, pour les rituels
Je pars et je reviens spécialement pour ça ; il m’envoie dans un village au Bénin au milieu de la nuit, on me fait faire assez de rituels et tout ce que vous pouvez imaginer. Dans ma tête, je suis motivé à percer dans le football, réussir, mettre ma petite amie à l’aise. On finit de faire les rituels, il me remet beaucoup de choses avec plusieurs consignes et interdictions ; j’avais au moins 10 kilos de fétiches ; serein et déterminé, je voyage avec les fétiches.
L’appel glaçant de la prophétesse qui savait absolument tout
Quand j’arrive, après quelques jours, j’avais une amie camerounaise qui s’appelait Christelle ; elle me fait parler au téléphone avec une prophétesse qui était au Congo-Kinshasa ; elle ne me connaissait pas ; quand je prends le téléphone, elle me demande si je vais bien ; elle continue en me disant que je venais d’effectuer un voyage, pourtant personne ne savait ce que j’étais parti faire ; elle me dit qu’au cours de ce voyage, on m’avait remis beaucoup de choses et que si je ne laissais pas ces choses, elles pourraient se retourner contre moi ; pire, je pourrais devenir fou ; elle me donne au maximum 48 h pour me débarrasser de tout ça.
Je fais ce qu’elle a dit, je vais prendre les fétiches, je trouve une poubelle pour les jeter ; elle me dit de faire 7 jours de jeûne, ce que je fais aussi ; je priais tout le temps mais la vie était toujours dure.
Un jour, j’étais à la prière et un homme me dit que ce que je vis, je ne pouvais pas l’éviter car c’était marqué dans mon destin et que c’était mon chemin pour accéder à la gloire.
Deux prophétesses à 3 000 km l’une de l’autre disent exactement le même psaume
Après la première prière, la dame du Congo m’appelle et me dit qu’il y a une femme qui m’encadrait à Abidjan ; c’était la prophétesse Denise, à qui je faisais un coucou ; elle est maintenant au Canada ; elle me donne des versets à réciter quand je partirai à Abidjan.
Quand je rentre à Abidjan, lors de mon premier culte dans la nuit, quand la prophétesse ouvre sa bible et commence à parler de moi, elle prend le même psaume que la prophétesse du Congo m’avait recommandé ; pourtant, elles ne se connaissaient pas ; l’une est ivoirienne et l’autre congolaise ; j’étais étonné et je me dis que Dieu est bon.
Le message final de Zagba Le Requin aux jeunes
À partir de là, j’ai accepté ma souffrance et les épreuves de la vie parce que j’ai compris que c’était mon destin, mon histoire.
Je veux juste dire à quelqu’un : tu ne peux pas éviter ton histoire, tu ne peux pas changer ton destin, c’est ce que Dieu a prévu pour toi. Je ne suis pas en train de remettre en question certaines pratiques, mais je parle de mon histoire ; j’ai vu Dieu se manifester dans ma vie. »
À travers ce récit, Zagba Le Requin insiste sur le fait qu’il ne promeut en aucun cas le recours à l’occultisme, mais souhaite alerter les jeunes sur les dérives possibles lorsque la précarité et l’ambition poussent à des choix extrêmes. La vidéo, largement partagée sur les réseaux sociaux ouest-africains, suscite de vives réactions et relance le débat sur les croyances et les pressions auxquelles sont confrontés les jeunes talents du continent, qu’ils visent le sport ou d’autres domaines.
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