
Abidjan, Côte d’Ivoire, L’Amicale des Techniciens de l’Agriculture (ATAI- INFPA) tire la sonnette d’alarme. Dans un message adressé à la rédaction de Voz Magazine, son responsable, Ackray Akre Thomas, dénonce des pratiques jugées abusives au sein de l’Institut National de Formation Professionnelle Agricole (INFPA), placé sous la tutelle du ministère de l’Agriculture.
Des frais jugés excessifs dans une institution publique
Bien que public, l’INFPA impose à ses étudiants des frais qui suscitent l’indignation :
– Frais de scolarité : jusqu’à 200 000 FCFA pour les non-boursiers,
– Frais pédagogiques : 72 000 FCFA en première année, 21 500 FCFA en deuxième année,

– Frais de restauration : 150 000 FCFA pour une formation de 6 mois,
– Frais de documents pédagogiques : 45 000 FCFA.
Au total, un étudiant non boursier débourse plus de 400 000 FCFA pour une formation censée être accessible.
Des sanctions contraires au règlement
Autre point de tension : selon l’ATAI-INFPA, les résultats d’examen seraient bloqués pour les étudiants n’ayant pas intégralement réglé leurs frais de restauration. Or, ce motif ne figure pas dans le règlement intérieur, ce qui est perçu comme un abus d’autorité.

Aucune insertion professionnelle après la formation
Le constat est encore plus alarmant à la sortie de l’institut. De nombreux diplômés formés aux métiers de l’agriculture finissent vendeurs ambulants, sans emploi ni orientation.
« Nous avons transmis des propositions d’insertion à la direction de l’INFPA, mais aucune suite n’a été donnée. Même nos courriers d’audience adressés à l’administration et au ministère sont restés sans réponse », déplore Ackray Akre Thomas.
L’appel à l’opinion publique
Face au silence des autorités, l’ATAI-INFPA en appelle désormais aux médias et à l’opinion publique pour faire entendre la voix de centaines de jeunes en quête de reconnaissance, de justice et de perspectives concrètes dans le secteur agricole ivoirien.

