DOCTEUR TANO : LE CHIRURGIEN ESTHÉTIQUE D’ABIDJAN ACCUSÉ DE VIOLS, DE DROGUES ET D’UNE MORT SUSPECTE

UN NOM QUI EMBRASE LE TIKTOK IVOIRIEN

Depuis quelques jours, une affaire particulièrement grave agite les réseaux sociaux ivoiriens. Un homme connu sous le nom de « Docteur Tano », présenté comme chirurgien esthétique basé à Abidjan et spécialisé dans le remodelage corporel  fessiers, ventre, poitrine , est au cœur d’accusations portées par de nombreuses femmes. Ces accusations sont graves : viols sous sédation, violences physiques lors de consultations médicales, et une mort suspecte pour laquelle plusieurs plaintes ont été déposées, sans qu’aucune arrestation n’ait jamais eu lieu.

COMMENT LES FAITS SE DÉROULENT SELON LES VICTIMES

Tout commence sur les réseaux sociaux. Certaines femmes contactent elles-mêmes « Docteur Tano » pour solliciter une intervention esthétique. D’autres affirment avoir été directement approchées par lui. Les échanges se font via Facebook, TikTok ou WhatsApp, jusqu’à la fixation d’un rendez-vous à son cabinet.

Une fois sur place, plusieurs femmes disent avoir perdu connaissance après avoir consommé de l’eau ou une boisson proposée lors de la consultation. Elles affirment s’être réveillées victimes d’agressions sexuelles.

Une femme mariée, témoignant sous couvert d’anonymat, a décrit avec précision ce qu’elle dit avoir vécu : droguée puis violée par voie vaginale et anale, lors de ce qui devait être une simple consultation chirurgicale.

UNE MORT SUSPECTE À AZITO : LE TÉMOIGNAGE QUI A TOUT DÉCLENCHÉ

Parmi tous les récits, celui d’une famille en deuil a particulièrement bouleversé les internautes. Une jeune femme a témoigné sur TikTok de la mort de sa  sœur, qu’elle associe directement à « Docteur Tano ».

Sa sœur s’était rendue chez le praticien pour une opération de BBL (Brazilian Butt Lift). Avant d’entrer, elle avait envoyé un message à une amie pour lui confier son malaise face au comportement du médecin, et lui avait transmis sa localisation par précaution. Quand l’amie a rappelé après sa visite au marché de Sicogie, le numéro était définitivement éteint.

Quelques jours plus tard, le corps sans vie de la jeune femme était retrouvé à Azito. La famille affirme que le corps avait été là depuis le jeudi, et que c’est une publication sur TikTok, vue par la grande sœur le dimanche, qui leur avait permis d’identifier la victime. La famille a alors saisi la PLCC. Sans suite. La jeune femme a été enterrée. Et le praticien est resté libre.

SA SOEUR A BRISE LE SILENCE:

« Nous avons envoyé l’affaire à la PLCC. Sans suite. Nous avons même enterré ma sœur. J’ai vue votre live où une fille parlait de ma sœur, donc  j’ai décidé de monter témoigner. Ma soeur  ne peut pas mourir pour rien. »

LE TÉMOIGNAGE DE LA SOEUR D’UNE ANCIENNE EMPLOYÉE

Une autre jeune femme a révélé que sa grande sœur avait travaillé plusieurs années auprès de « Docteur Tano » avant de quitter l’établissement. Elle raconte qu’un soir, sa sœur s’était rendue au domicile du praticien après sa journée de travail. 

À l’ouverture de la porte, elle l’avait trouvé en sueur et portant du sang sur lui, avec une paire de chaussures de femme visible à l’intérieur. N’y ayant pas prêté attention sur le moment habituée au contexte chirurgical , sa sœur était repartie. Deux jours plus tard, un corps de femme était découvert à Azito. La témoin affirme formellement qu’il s’agissait de la même personne aperçue ce soir-là.

Elle ajoute :

« Il drogue les filles. Lorsque tu te plains, il te dit que ça n’aboutira pas, car il a des relations. »

DES PLAINTES SANS SUITE : UNE IMPUNITÉ QUI SCANDALISE

Le sentiment d’impunité est au cœur de la colère exprimée sur les réseaux. Une mère affirme avoir déposé trois plaintes après que le praticien a failli coûter la vie à sa fille de 25 ans lors d’une opération. Sans résultat. La famille de la jeune femme décédée à Azito a saisi la PLCC. Sans résultat non plus.

Plusieurs victimes rapportent que « Docteur Tano » leur aurait lui-même assuré qu’aucune de leurs plaintes n’aboutirait, grâce à ses relations et connexions d’influence.

UNE CRISE DES VIOLENCES SEXUELLES IMPUNIES EN CÔTE D’IVOIRE

L’affaire « Docteur Tano » éclate alors que la Côte d’Ivoire traverse déjà une période de forte tension autour des violences faites aux femmes. Elle survient en parallèle de l’affaire Médih, un autre dossier de violences sexuelles présumées dont l’auteur présumé n’a toujours pas été arrêté. Ces deux affaires illustrent une même réalité : en l’absence de réponse judiciaire, les réseaux sociaux deviennent le dernier recours des victimes.

À ce jour, ni le parquet d’Abidjan, ni la PLCC n’ont communiqué officiellement sur le dossier.

Cet article est basé sur des témoignages publics recueillis sur les réseaux sociaux. Les faits rapportés constituent des accusations non encore jugées. Toute personne mise en cause est présumée innocente jusqu’à décision de justice.

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