MC ONE ACCUSE D’AVOIR OBTENU LA NATIONALITE IVOIRIENNE DE MANIERE ILLEGALE : LES REVELATIONS EXPLOSIVES QUI FONT TREMBLER LE RAP IVOIRE

L’affaire qui oppose le rappeur Jean Michel Bagré, alias MC One, à son ex-producteur Toflodin Yao Parfait, dit DJ Kedjevara, vient de franchir un palier inédit. Alors que les deux hommes s’affrontaient sur TikTok dans un panel de réconciliation, une tierce voix a lâché une bombe : le passeport ivoirien du rappeur aurait été obtenu frauduleusement, à travers un faux extrait de naissance. Si les faits sont avérés, l’artiste s’expose à de lourdes sanctions pénales.

QUI SONT LES PROTAGONISTES DE CETTE AFFAIRE ?

Dans le monde du showbiz ivoirien, les clashs entre artistes sont monnaie courante. Mais l’affaire qui secoue actuellement la toile ivoirienne dépasse largement le simple différend entre un rappeur et son ex-producteur. Ce qui était présenté, il y a quelques semaines encore, comme un conflit contractuel banal, est en train de se transformer en une affaire à ramifications judiciaires potentiellement très graves.

Au cœur du scandale : Jean Michel Bagré, plus connu sous le nom de scène MC One, l’un des rappeurs les plus populaires de Côte d’Ivoire. En face de lui : Toflodin Yao Parfait, alias DJ Kedjevara, artiste coupé-décalé, né le 18 avril 1986 à Abidjan, et fondateur du label 18 Avril Production. C’est ce dernier qui a repéré Jean Michel Bagré à l’âge de 14 ans, alors que le jeune garçon vivait dans des conditions modestes dans le quartier de Cocody, et l’a propulsé sur la scène du rap ivoirien.

De « Opi onaka faikoi » à « Anitchié », en passant par « Tranquillement tranquille », MC One a su se hisser au rang des artistes incontournables du rap ivoire, comptant plusieurs millions d’abonnés sur les réseaux sociaux et des dizaines de millions de vues sur YouTube. Mais derrière le succès se cachait une fracture profonde.

LE PANEL TIKTOK : QUAND LA RECONCILIATION TOURNE AU REGLEMENT DE COMPTES

À l’initiative d’un influenceur de la plateforme, les deux hommes ont accepté de s’expliquer en public, face à leurs communautés respectives. L’objectif affiché était simple : rétablir la vérité et, peut-être, ouvrir la voie à une réconciliation. Il n’en fut rien.

La version de MC One : abandon, contrat toxique et trahison

Jean Michel Bagré a brisé un silence qu’il disait lui-même avoir voulu préserver. Selon lui, DJ Kedjevara l’a abandonné en le faisant signer, alors qu’il avait seulement 17 ans, un contrat avec une maison de production basée en France  Sony Music France  dont les termes auraient durablement bloqué son évolution artistique et fermé de nombreuses portes à sa carrière. Il affirme que son père biologique, peu rompu aux subtilités de l’industrie musicale, aurait perçu la somme de 30 000 FCFA soit à peine six billets de 5 000 francs  au moment de la signature de cet engagement crucial. Pour appuyer ses propos, le rappeur a même sollicité son père en direct téléphonique, qui a confirmé ces déclarations.

La version de DJ Kedjevara : reconnaissance contre ingratitude

Toflodin Yao Parfait, lui, a été visiblement ébranlé par ces accusations. Le producteur rappelle qu’il a pris MC One sous son aile dans des conditions précaires, l’a logé chez lui à La Palmeraie un quartier résidentiel d’Abidjan  pendant plusieurs années, a payé sa scolarité dans des établissements privés réputés comme L’Ardoise et l’Université Nord-Sud, sa nourriture et ses déplacements. Il précise également que le contrat en question, d’une valeur de 1 500 000 FCFA, avait vocation à être intégralement réinvesti dans la carrière de l’artiste, notamment pour financer un concert au Palais de la Culture dont le coût avoisinait les 20 millions de FCFA. Sur la question des 30 000 FCFA remis au père du rappeur, le producteur est catégorique : il dément formellement.

« MC, c’est comme un fils pour moi. Dès le début, j’ai eu les bénédictions de ses parents. Ce qui me fait mal, c’est que ses parents ont fermé les yeux comme s’ils ne voyaient pas ce qui se passait entre leur fils et moi. »  DJ Kedjevara (Toflodin Yao Parfait)

Kedjevara affirme également avoir tenté à plusieurs reprises de joindre le rappeur pour annuler le contrat avec Sony Music France, mais ce dernier aurait systématiquement refusé de se présenter.

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L’histoire des « papiers » : une allusion lourde de sens

C’est lors de cette prise de parole que l’élément le plus intrigant de l’affaire a fait surface. À un moment du panel, MC One a évoqué, avec une prudence calculée, « une histoire de papiers ». Face à un Kedjevara qui lui demande d’en dire plus, le rappeur a choisi le silence. Ce moment bref, presque anecdotique en apparence, a pourtant retenu toute l’attention des internautes. Le lendemain, ils comprendraient pourquoi.

LA BOMBE VINO : UN PASSEPORT IVOIRIEN OBTENU FRAUDULEUSEMENT ?

Le véritable séisme médiatique est survenu au lendemain du panel, dans un live lancé par la TikTokeusse Aya Robert. C’est dans cet espace que Vino l’Ambassadeur, opérateur culturel ivoirien résidant en France et ex-membre du groupe Les Patrons, a pris la parole pour faire des révélations qui ont immédiatement enflammé la toile.

« Quand je ramenais MC One en France, il n’avait pas de passeport. Kedjevara m’appelle : « Ah, MC One n’a pas de passeport. » Et comme il est burkinabè, il est parti au Burkina avec son manager Walky afin d’obtenir un passeport, ils n’ont pas pu. Et c’était le manager qui était en contact avec moi… Et après, ils m’ont envoyé le passeport qui était ivoirien. Kedjevara demande : « Mais comment vous avez fait pour avoir ces papiers-là ? » Walky dit : « Ils sont allés dans une petite préfecture. Ils ont pris l’extrait d’une dame pour la faire passer pour la mère de MC One. » Kedjevara n’en savait rien. Aujourd’hui ils veulent prendre ce problème pour faire passer Kedjevara pour un faussaire. C’est pourquoi, dans le live de Mike, il disait : « Tu veux que je parle du papier ? » Donc moi j’ai appelé Kedjevara et je lui ai dit de porter plainte. » Vino l’Ambassadeur, live TikTok chez Aya Robert

Selon ce témoignage, la procédure aurait impliqué MC One, son père biologique et son manager Walky. Le trio se serait rendu dans une sous-préfecture pour y soutirer l’extrait de naissance d’une femme tierce, afin de la faire passer pour la mère naturelle du rappeur aux yeux des autorités. Cette manœuvre aurait ainsi permis à Jean Michel Bagré de nationalité burkinabè d’obtenir frauduleusement un passeport ivoirien. Et c’est précisément ce document que MC One visait lorsqu’il évoquait « le papier » lors du panel, selon Vino, dans le but de faire passer Kedjevara pour complice d’une fraude à laquelle il n’aurait jamais participé.

CE QUE RISQUE MC ONE SELON LA LOI IVOIRIENNE

Si les révélations de Vino venaient à être confirmées par une enquête judiciaire, MC One et ses complices présumés s’exposeraient à un arsenal de sanctions particulièrement sévères, prévues par le Code pénal ivoirien (Loi n°2019-574 du 26 juin 2019 et ses modifications ultérieures).

1. Faux et usage de faux en écriture publique

L’utilisation d’un extrait de naissance appartenant à une tierce personne constitue un faux document administratif. En droit ivoirien, cette infraction est particulièrement grave lorsqu’elle porte sur un document d’état civil. Le Code pénal prévoit des peines pouvant aller jusqu’à dix ans d’emprisonnement (10 Ans) , auxquelles s’ajoutent la privation des droits civiques pendant cinq ans.

2. Fraude à la nationalité ivoirienne

En Côte d’Ivoire, la nationalité est régie par le droit du sang depuis 1972 , le droit du sol ayant été aboli. Obtenir frauduleusement la nationalité ivoirienne constitue une infraction grave. La jurisprudence ivoirienne récente le confirme : en décembre 2023, dans une affaire similaire de trafic de passeport et de fraude à la nationalité, le Pôle Pénal Économique et Financier du Tribunal de Première Instance d’Abidjan avait requis et prononcé 36 mois d’emprisonnement, des amendes allant de 5 à 120 millions de FCFA, 5 ans de privation des droits civiques, 10 ans d’interdiction du territoire ivoirien, ainsi que la confiscation des biens des condamnés.

3. Usurpation d’identité

Le fait d’utiliser frauduleusement les documents d’identité d’une autre personne est également réprimé par le Code pénal ivoirien. Cette infraction est passible d’un à cinq ans d’emprisonnement et d’une amende de 300 000 à 1 000 000 FCFA.

4. La complicité des co-auteurs

Le père de MC One et son manager Walky, s’il est établi qu’ils ont activement participé à la manœuvre frauduleuse, risquent les mêmes peines que l’auteur principal, en application des règles sur la complicité prévues par le Code pénal ivoirien.

En cas de cumul des chefs d’inculpation ce qui est la règle dans ce type d’affaire , les personnes mises en cause pourraient se retrouver face à plusieurs années d’emprisonnement ferme, d’importantes amendes, la déchéance de leurs droits civiques, et une interdiction de séjour sur le territoire ivoirien. Le passeport frauduleux serait annulé, ce qui remettrait en cause l’ensemble des actes administratifs accomplis sous cette identité ivoirienne.

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UNE AFFAIRE QUI SOULEVE DES QUESTIONS DE FOND

Au-delà du scandale judiciaire potentiel, cette affaire pointe des réalités structurelles que l’industrie musicale ivoirienne préfère généralement taire. La question de la nationalité est, en Côte d’Ivoire, un sujet extrêmement sensible, qui traverse l’histoire politique du pays depuis des décennies. Que l’un des rappeurs les plus populaires du pays ait pu, si les allégations s’avèrent exactes, naviguer pendant des années avec de faux papiers sans que cela ne soit détecté interroge sur les mécanismes de contrôle en place.

L’affaire révèle également les rapports de force souvent asymétriques entre jeunes artistes et producteurs dans l’industrie musicale ouest-africaine. MC One avait 14 ans quand il a rencontré Kedjevara. Il en avait 17 quand il a signé ce contrat international controversé. Ces détails soulèvent des questions légitimes sur la protection juridique des artistes mineurs dans le secteur culturel ivoirien.

KEDJEVARA ENVISAGE UNE PLAINTE : LA JUSTICE SERA-T-ELLE SAISIE ?

Selon Vino l’Ambassadeur, il a lui-même conseillé à DJ Kedjevara de saisir la justice. Si une plainte est déposée, ce sera au parquet de donner suite en ouvrant, ou non, une information judiciaire. À ce stade, aucune procédure officielle n’a été confirmée publiquement.

Les spécialistes en droit pénal ivoirien rappellent toutefois que, même en l’absence de plainte de Kedjevara, le parquet peut s’autosaisir d’une affaire de fraude à la nationalité, dans la mesure où il s’agit d’une atteinte à l’ordre public et à l’intégrité des documents d’état civil des matières d’intérêt général qui ne relèvent pas de la seule sphère privée.

EN CONCLUSION : UNE AFFAIRE QUI DEPASSE LE CLASH

L’affaire Kedjevara contre MC One n’est plus une simple dispute de showbiz. Elle est devenue, en l’espace de quelques jours, une affaire d’État en miniature, cristallisant des tensions autour de la nationalité, de l’identité, du droit et de la reconnaissance dans le milieu artistique ivoirien.

Si les faits allégués par Vino l’Ambassadeur sont avérés, Jean Michel Bagré pourrait se trouver, pour la première fois, dans une situation où ni son flow, ni sa popularité, ni ses millions de vues ne pourront le protéger.

La justice ivoirienne, elle, ne connaît pas le streaming.

Note de la rédaction : Cet article est rédigé sur la base de déclarations publiques faites sur les réseaux sociaux. Les faits allégués notamment concernant l'obtention frauduleuse d'un passeport ivoirien n'ont pas encore fait l'objet d'une procédure judiciaire officielle à la date de publication. La présomption d'innocence s'applique à toutes les personnes citées.

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